Mecha-souvenirs

En tant que grand amateur de robots et par extension de l’univers « Mecha », je me suis penché sur Lost Planet 2. Parmi les excellents titres qui sortent en ce début d’année, celui-ci a attiré mon attention.
J’ai joué avec des robots étant enfant, je m’inventais des batailles épiques où des soldats se faisaient exterminés par des robots ultras puissants. Les geeks sont de grands enfants. Aujourd’hui, j’ai en tête cette scène finale de combat du film District 9 avec le fabuleux mecha. La sensation est étrange et je lance le jeu comme j’ai par le passé ouvert un blister dans lequel se trouvait un nouveau robot. Fire !

Une guerre imaginaire

LP2 possède le « réalisme relatif » de ses moments de jeu enfantins. Un réalisme imaginaire tout droit sortis de la tête fertile d’un enfant, on a ainsi la possibilité de marcher sous l’eau sans aucune résistance ou d’utiliser un lance-flamme en milieu sub-aquatique. Le genre de petits détails que l’enfant réinvente à sa façon, améliore, pour finalement les dépasser et ne rester que le pur plaisir de jouer. Aussi loin que peuvent être poussé les détails dans l’univers de Lost Planet 2, tout est ramené à une partie de jeu imaginaire enfantine.

De grosses Vital Suit et des petits soldats

Le vif du sujet de LP2 ce sont ces combats énormes dont les échelles changent constamment. Comme un enfant jouant sur le bord de la table avec ces jouets, il s’amuse parfois à les faire combattre sur la table, sur le sol, où parfois sur les deux. Les combats dans LP2 c’est un peu la même chose. Un coup on mitraille à pied dans une grosse mêlée, pour ensuite monter dans une Vital Suit (les mechas que l’ont peut contrôler) de taille et d’équipement divers. Les combats changent constamment de plans, d’angles d’attaques, de hauteurs et de tailles, et le grappin est un élément crucial de ce gameplay multi-étages. Jouissif, surtout en combat aux côtés de ses amis en mode coop. Quand on demande aux créateurs du jeu leur point de vue sur la création et l’influence des Mechas, ils répondent :  » […]De manière générale, quand on cherche à faire du robot, on part d’un point de vue Gundam et on va dire « Gundammement parlant, on va faire un truc un peu plus réaliste ou un peu plus classe ![…] » (extrait de l’interview de Kenji Oguro et Jun Takeuchi dans la revue Amusement #8). Le lien est donc bien là, je parle de souvenirs d’enfance, de jeux et d’impressions, et les créateurs, eux, font le lien avec Gundam. Légèrement plus âgé dans la référence (Gundam est plus pour les ados que pour les enfants), il y a tout de même cet esprit du passé, du loisir auquel l’adulte ne s’adonne plus. Enfin pas pour tout le monde.

« Aussi loin que peuvent être poussé les détails dans l’univers de Lost Planet 2, tout est ramené à une partie de jeu imaginaire enfantine. »

Une main pour un héros

L’enfant comme l’adulte ne possède que deux mains, il ne tient entre ses doigts que son jouet fétiche que je rapproche du héros que l’on contrôle dans LP2. Malgré la présence de 3 autres personnages durant les missions, seul celui que vous contrôlez sera le plus « intelligent ». LP2 possède la médaille d’or de la plus mauvaise IA des jeux d’actions. Pas moins. Il n’est pas possible de demander à un enfant de faire bouger et jouer tous ses jouets en même temps, il les prendra un par un, souvent par préférence. Il n’y a qu’un héros sur le champs de bataille.

Les nouveaux terrains de jeu du 21e siècle

Heureusement, ces quelques points noirs se font vite oublier, et l’on entre dans un des nouveaux terrains de jeu du 21e siècle. Lost Planet 2 n’est cependant pas un jeu à monde ouvert, il n’est pas question ici de gambader joyeusement la tête dans les nuages. Les balles fusent rapidement, les niveaux sont étroits et les combats restent très souvent rapprochés.
L’idée principale de LP2 est donc bien de vous remettre entre les doigts des robots version console next-gen. Le soldat du jeu de guerre video-ludique attrape désormais sa Vital Suit avant de partir au combat, l’équipe des plus grosses armes à sa disposition et se forge le moral, car les boss-fights du jeu sont dantesque. On comprend vite l’intérêt des VS quand on combat le premier boss. Dans la veine des jeux actuels (avec Bayonetta) ou les niveaux sont guidés, l’expérience la plus intense de gaming est la découverte et le combat de boss colossaux, disproportionnés, dont le temps de combat peut être assez long. L’exploration de l’univers est remplacée par l’exploration de boss, découvrir ses détails et ses points faibles à partir de différents points de vues, terminé le face à face frontal et plat.

Si aujourd’hui je n’ai plus mes robots entre les mains pour jouer par terre à m’imaginer des batailles, je retombe pourtant dans se souvenir avec Lost Planet 2. Tel un retour immatériel dans ses moments agréables du passé, et à l’instar du jardin zoologique dont parle J.L. Borges « On emmène un enfant pour la première fois au jardin zoologique. Cet enfant pourrait être n’importe lequel d’entre nous, ou, inversement, nous avons été cet enfant et nous ne nous en souvenons pas« . J’ai joué aux petits soldats et maintenant je m’en souviens.