Connaissez-vous le jeu pour Iphone le plus minimal? Moi je ne le connaissez pas avant de découvrir One-dot Enemies. (Gratuit en plus
)
Ce jeu hyper simple est développé par Kenji Eno avec son équipe du Studio-Kura. Difficile à vrai dire de trouver les mots pour définir ce mini jeu, tellement le concept graphique et le gameplay sont simple. Mais attention, comme j’aime à le rappeler, simple ne veut pas dire simpliste. Je dirai plutôt que One-dot Enemies teste la limite du joueur et de son intérêt à jouer à un jeu. Voici le « but du jeu » : les pixels (morts?) sont nos ennemis, il faut toucher du doigt chaque pixel gris qui apparaît à l’écran afin de le faire disparaître. Pas d’explications ni notice de jeu fournie. Autant vous dire que l’écran de votre Iphone à intérêt à être bien propre. Il n’y a pas de limite de temps, uniquement une œuvre collective entre tous les joueurs qui comptabilise l’ensemble des ennemis détruit.
Les limites qui définissent un jeu vidéo s’élargissent de jour en jour, et les téléphones portables sont les meilleurs plate-formes d’accueil pour des expériences vidéoludiques de ce genre. Le terme « jeu vidéo » implique une étendue d’expériences possibles allant de cinquante heures à cinq minutes. A partir de ça tout est possible. Pour notre plus grand bonheur de joueur.
Mais plus encore, je pense qu’il s’agit aussi d’attitude et de position en tant que créateur de jeu. Kenji Eno dont le parcours est assez « hors-contexte » par rapport au monde professionnel du jeu vidéo, se place avec son mini jeu dans les marges vidéoludiques les plus lointaines. Qu’est ce qui peut faire se rejoindre ensemble tous les joueurs du monde entier? Les derniers graphismes photo-réaliste, des univers souvent hyper violent, les genres de jeu déjà établis : courses, FPS, MMORPG, combat, simulations? Je pense qu’il n’y a pas de réponse (heureusement), mais la vrai diversité d’expression se trouve peut-être ici, avec l’amusement comme but premier. « Si on oublie de s’amuser, on commence par faire des choses ennuyeuses. » (cf. Keita Takahashi).
Se fendre la poire sur un mini jeu qui ne semble pas en être un, c’est un peu comme rire d’une blague qu’on a pas compris. On joue dans un moment décalé.


