Le jeu vidéo est un gag

J’ai été visiter l’exposition MuseoGames – Une histoire à rejouer au Musée des arts et métiers.
Loin d’être inintéressante, l’exposition est composée de deux salles principales où l’on trouve des consoles et des bornes d’arcade jouables. MuseoGames est orienté grand public et fait découvrir au plus grand nombre certains jeux cultes, ainsi que d’autres moins connus. Je n’ai cependant pas bien discerné la ligne directrice dans le choix des jeux exposés. La scénographie est bien pensée, l’installation des vidéoprojecteurs qui rediffusent les écrans sur lesquels les joueurs essayent les jeux permet à tout le monde de profiter de l’expérience, et plonge la salle dans un immense playtest.

Malgré tout, en tant que joueur et en tant que geek intéressé par le monde vidéoludique, l’exposition ne me laissera pas un souvenir impérissable. Peut-être est-ce la difficulté de réglage entre une présentation au plus grand nombre, et donner à découvrir à un public toujours plus grandissant et cultivé sur ce domaine foisonnant qu’est le jeu vidéo. Comment « figer » le jeu vidéo dans une exposition, sachant que le web permet toutes les expériences possibles (émulateurs, vidéos, sites spécialisés…), et que les plus grands joueurs d’entre nous auront sûrement déjà eu en main la quasi-totalité des jeux. La question est posée.

Un « élément » dans l’exposition m’a interpellé, que j’ai trouvé très pertinent, original, voir en marge du reste de l’exposition. Il s’agit d’une vidéo, mettant en relation côte à côte un extrait du film de Buster Keaton « Seven Chances » (1925) et des extraits du jeu Super Mario. La relation est très cohérente, surprenante de dialogues entre ces deux univers. L’effet de scrolling horizontal est présent dans les deux vidéos, ce qui renforce le lien et le naturel de cette association.
Cette vidéo est l’œuvre de Manuel Garin qui via son site www.gameplaygag.com rapproche le film muet et le jeu vidéo : « between silent film and new media ». Je publie avec cet article la vidéo KEATON MARIO SCROLL présente donc dans l’exposition, visitez son site qui comporte d’autres vidéos et associations. Je trouve sa démarche originale, elle montre que le jeu vidéo peut être rapproché du cinéma sans tomber dans de gros clichés.